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 © Coline Termash

 

 

Les groseilles




J’ai toujours aimé les groseilles
 
le creux du coude avec son rouge baiser

-elle se marie


c’est moi
avalant  
devant la nef
les sombres sanguinaires cassis
je suis jeune et noire
et m’affale
à quatre heure
dans la courbe des mousses
la roue au clair  
cliquetant  dans l’air illuminé des blés
illuminant
les calices d’un beau soleil d’août



aux jardins  
il y aura des taches sur les habits
qui ne pourront plus resservir
les mères s’agaceront  
j’ai toujours aimé les groseilles


aux poches gonflées par   
les baies de la jeunesse
en creux
tenue par mes poignets
en creux
les quartz sang dans le fond
à faire cligner les yeux
de la fidélité   


aux confitures
pour les petits
aux sirops épais
pour les petits
qui reviennent
les pieds nus et humides  
après le bain dans la rivière

sans cesse ils se rapprochent
sans cesse ils trempent l’index
et signalent au grand corps de l’été
que les frondaisons animales ont débuté

j’ai toujours aimé les groseilles

le chasseur d’hirondelles
veut la confusion à sa table
- fin héros
il frise sa moustache
pleine d’opale et de lait
pose sa main à cals
sur l’épaule ronde et pleine de sa femme

la belle en tablier
près des paniers
lui rappelle le doute qui habite sa chapelle
pendant ce temps les enfants
sous les draps
dans l’attente des fruits nocturnes
s’essuient les doigts
sur leurs muscles de bronze

la fraîcheur de l’azalée sur l’évier
la fraîcheur des herbes sous la paille
trempe les reins
jusqu’aux blouses

rien ne vole sauf la poussière des farines
sur la transparence

   

j’ai toujours aimé les groseilles  

 

 Paris X 2012

© Coline Termash

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