Dans l'ombre de mon visage
nous sommes deux

    emportés par les nombres
        
            dans le train qui mène à Valence
                     le train qui mène à Valence            
        

J'ai posé sur la Table des Matières
mon entente avec les diables rouges.  
Sans la chute,
je n'entends pas le dé  
cogner la timbale.  

Ce que j'entends : c'est l'écume de la distance.
Ce que j'entends : c'est la cendre frapper le fer,

les fastes éloignées des urnes,   
chaque partie contre l'autre.
Résonne le cœur du derme
avec les tambours du Massacre !  

Et,
ma tête perce l'air
pour l'autre côté de la terre,
à l'envers du reflet de la mer :

avec l'absence du linge sur le corps,
montée sur le taureau de l'Étranger,
je rejoins les troupeaux
sous le fouet du nerf.

Je filerai la brume  avec la craie qui couvre ma main.
Et, sans gant,
sur l'herbe où se couchent les rasés,
je blanchirai l'aube après le cuir obscur
pour que ce jour respire le sel.   

Sur les plaines du Pô
je dirai les mots,
je tairai les nombres.  

 
Dans l'ombre de mon visage
nous sommes deux.
                                
Nous faisons un rêve
commun
où il est question d'automotrice
autrichienne :
cet aigre âcre romantique :
« è pericoloso sporgersi» :  

Nous sommes deux.
Baignés et nécessiteux,
nous offrons aux sommes l'équilibre.



Loin des compartiments unitaires
je croise le fer avec l'armure de mes lèvres :

              dans toutes les parties
    avec toutes les contre-parties

              sur tout les points
               sans ponctuation.  

Là où l'air se gaze : je croise le fer
et  

M'ensoleille
à Marseille.
En somme,
Je veille.



Je n'ai pas de langue
sauf le chien sur ma nuque

 

Paris VIII 2012

© Coline Termash